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Week-end en Lozère
VTT
Pour cette sortie d'automne sur le Causse Méjean, Jacky nous avait concocté deux parcours. Samedi direction Meyruès, dimanche direction Sainte Enimie. Après les péripéties matinales, le car arrive un peu tard le samedi à Nivoliers, notre camp de base. Avec cela un repas un peu longuet, et lorsque les cinq vététistes, Riton, Gérard, Roger, Cécile et moi-même sont prêts à suivre Jacky il est déjà 15h15.
Un premier arrêt est prévu au Villaret pour les chevaux de przéwalski, derniers spécimens d'un cheval sauvage disparu. Ils sont élevés ici pour la conservation de l'espèce et une éventuelle réintroduction dans leur milieu naturel d'origine, la Mongolie. Mais, pour voir un troupeau de 40 chevaux dans un parc de 400 hectares, il faut de la chance... et des jumelles. Nous en apercevons furtivement deux... Nous reprenons notre chemin dans les immensités du causse désertique balayé par un vent glacial. Seul, un berger est là avec ses deux chiens et son troupeau de moutons. Sur la D63, un touriste s'est arrêté et filme de sa voiture cette scène d'un autre âge. Dans le dédale de chemins caillouteux, Jacky retrouve le sien, le GR6. Il nous permet de quitter le plateau pour une descente rapide et technique sur les gorges de la Jonte et Meyruès. Je m'étonne moi-même de tout passer sur le vélo sauf... les derniers rochers en escaliers avant la route. Seul Roger nous fait ça, tranquille. Nous traversons Meyruès bien calme sans ses touristes. Le village VVF qui nous hébergeait pour le BCMF de l'Aigoual 2005 est lui aussi désert.
Là sur la carte IGN tout paraît simple. A la bifurcation après le goudron, il nous faut laisser le GR qui s'en va en direction de l'Aigoual pour le chemin de gauche rejoignant le hameau de Salvinsac au bord de la Jonte. Nous prenons donc ce chemin qui s'enfonce dans la forêt mais il se divise en plusieurs sentiers sans aucun balisage. Après plusieurs essais nous en choisissons un qui nous permet de traverser la forêt et de retrouver un grand chemin. Je suis d'avis de prendre à droite, Jacky préfère à gauche. Je ne suis pas assez persuasif, tous choisissent gauche. Mauvaise pioche ! Alors que nous étions tout proche de Salvinsac nous redescendons certes vers la rivière mais en nous éloignant du hameau. Une digue et ses pierres mouillées s'avèrent trop risquées pour traverser ; après plusieurs tentatives, en écartant les buissons, nous trouvons finalement un passage à gué qui nous permet de gagner la route et le hameau de Salvinsac. Là, à gauche, un GR de pays nous emmène sur le Causse. C'est une longue montée mais qui se négocie pratiquement toute sur le vélo. En haut, encore une barrière pour les animaux. Et tout près le hameau des Aures qui paraît abandonné. Nous bifurquons à droite pour rejoindre le GR60 qu'il nous faudra garder jusqu'à Nivoliers. Pas de doute ! Cette fois nous sommes bien revenus sur le Causse Méjean : les nuages défilent à toute vitesse. Le vent aussi fort que glacial nous fait baisser la tête et pas âme qui vive à des lieues à la ronde ! Comme il est déjà 7 heures, il nous faut rouler le plus vite possible. Malgré nos efforts les minutes passent, le jour baisse et bientôt nous devinons plus le chemin et ses pierres que nous ne le voyons. Roger se résout à sortir sa frontale. Si elle n'est pas suffisante pour rouler normalement, elle permet néanmoins de nous assurer du balisage. Enfin au loin, nous apercevons les lumières d'un village ou d'un hameau. Elles apparaissent et disparaissent au gré des vallonnements du GR. Malgré tout, ce n'est pas un mirage, nous nous en approchons. Ce n'est qu'en atteignant les premières maisons que nous reconnaissons ce village : Nivoliers. Nous pouvons dire ouf, il est 20h15.
Le lendemain, dimanche, le jour se lève avec une brume limite crachin qui calme bien des ardeurs. Finalement à 9 heures, Gérard renonçant, nous sommes cinq à enfourcher les VTT, direction Sainte Enimie. Nous partons prudemment sur les pierres mouillées et glissantes. L'air s'assèche, les pierres aussi et rapidement, la confiance revient. Le GR60 se révèle plutôt roulant et agréable. Nous surprenons quatre chevreuils qui paissaient tranquillement en bordure du chemin. A notre vue, ils détalent dans un bois proche. Sans difficulté, nous atteignons le hameau de Prunets. Il est un peu tard pour attaquer la descente finale sur Sainte Enimie. Dommage ! Jacky nous propose un GR de pays pour revenir sur le col de Copeirac. Dans le Causse, les chemins sont multiples, pas tous sur la carte et pas tous balisés. Nous dévions de l'itinéraire. Des chasseurs, nombreux sur le plateau en ce dimanche matin nous remettent sur la bonne voie. Nous traversons le joli village du Mas Saint Chély avant de gagner le col de Copeirac. Après la traditionnelle photo devant le panneau du col, nous nous séparons. Jacky, Roger et Cécile rentrent au plus court. Riton et moi-même, "cent cols" oblige, décidons d'aller ajouter le col de Riesse à notre liste. Par la D986 puis la D16 ce ne doit être ni très compliqué ni très loin ni très dur. A plusieurs carrefours, nos remarquons des abris typiques entièrement en pierres sèches, murs et toit compris. S'agit-il d'abribus pour écoliers, d'abris pour bergers lorsque le vent d'hiver souffle trop fort ou d'abris pour marcheurs ou randonneurs égarés ? Elles sont tellement bien faites qu'on croirait qu'elles font partie du paysage depuis toujours. A l'arrivée au col, petite déception, pas le moindre panneau mais des chasseurs nous confirment que c'est bien ici. Il ne reste plus qu'à rentrer. Durant des kilomètres, des vautours très présents sur le plateau nous accompagnent en tournoyant en cercle autour de nous. Qu'espèrent-ils ? Que l'un de nous s'écroule ? Il n'en est rien ; il leur faudra trouver une autre proie. Nous rejoignons sans souci Nivoliers, avant 13 heures, l'heure du repas.
Evidemment, il aurait fallu rester bien plus longtemps pour réaliser les multiples possibilités qu'offre le Causse Méjean ; c'est un paradis pour vététistes épris d'espace et de nature... Merci Jacky d'avoir organisé cette sortie qui nous en a donné un aperçu.
Daniel Maugé